Tomber en panne dans la rue, c'est déjà pénible. Tomber en panne au sous-sol -3 d'un parking, c'est pire. Pas de réseau pour appeler, un plafond trop bas pour le camion-plateau, des rampes en colimaçon où on ne passe pas avec une remorque... On traite ce genre de situations régulièrement en Île-de-France, et il y a des choses à savoir pour que ça se passe bien.
Premier réflexe : trouver du réseau
Le problème numéro un dans un parking souterrain, c'est le téléphone. En dessous de -1, la couverture 4G est souvent inexistante. Certains parkings récents ont des relais internes, mais la majorité des parkings d'immeubles ou de centres commerciaux anciens n'en ont pas.
Si votre téléphone n'a pas de signal :
- Remontez à pied vers la sortie piétons ou le niveau -1 pour capter du réseau
- Cherchez une borne d'interphone ou d'appel dans le parking (la plupart en ont, souvent près des ascenseurs ou des caisses automatiques)
- Si le parking a un gardien ou un bureau d'accueil, demandez-leur de passer l'appel pour vous
Un conseil qu'on donne souvent : avant d'appeler, repérez bien où est votre voiture. Niveau, zone, numéro de place si c'est indiqué, couleur des murs ou des piliers. Quand le dépanneur arrive dans un parking de 500 places sur 4 niveaux, plus les indications sont précises, plus il vous trouve vite.
Le vrai problème : est-ce que le dépanneur peut accéder ?
Un camion-plateau standard mesure environ 2,50 mètres de haut. La plupart des parkings souterrains ont une hauteur limitée à 1,90 m ou 2 m. Autrement dit : le plateau ne rentre pas.
C'est pour ça qu'on utilise d'autres méthodes en souterrain :
Le dépannage sur place
Si c'est une panne de batterie, un problème de démarreur ou une crevaison, le dépanneur descend à pied avec son matériel portable (booster, câbles, cric, compresseur). Pas besoin de faire entrer un véhicule. Ça couvre une bonne partie des pannes courantes.
La traction par fourche ou chariot
Si le véhicule ne peut pas rouler et qu'il doit sortir du parking, on utilise un chariot de traction (aussi appelé "go-jack" dans le métier). Ce sont des patins roulants qu'on glisse sous les roues pour déplacer la voiture sans la faire rouler. Le dépanneur pousse ou tracte le véhicule jusqu'à la rampe de sortie, où un plateau peut le récupérer en surface.
Le cas des véhicules électriques
Un véhicule électrique en panne de batterie de traction ne peut pas être "relancé" comme un thermique. Il faut le déplacer physiquement. La méthode est la même : chariot de traction jusqu'en surface, puis plateau. C'est plus long et plus cher qu'un dépannage classique, mais c'est faisable.
Les parkings qui posent le plus de problèmes
En Île-de-France, certains types de parkings sont connus pour compliquer les interventions :
- Parkings d'immeubles anciens (avant 1990) : rampes étroites, virages serrés, hauteur limitée à 1,80 m parfois. Les plus pénibles sont ceux des résidences des années 70 avec des rampes en spirale.
- Parkings de centres commerciaux profonds (-3, -4) : la distance entre la voiture et la sortie peut dépasser 200 mètres. Ça allonge le temps d'intervention.
- Parkings avec barrières automatiques : si votre voiture est en panne à l'intérieur et que vous n'avez plus de ticket valide, il faut contacter l'exploitant pour ouvrir la barrière au dépanneur. Pensez-y avant qu'il arrive.
Combien ça coûte ?
Un dépannage en parking souterrain coûte en moyenne 10 à 30 euros de plus qu'une intervention en voirie. La majoration vient du temps supplémentaire (descente à pied, repérage, remontée du véhicule) et parfois du matériel spécifique (chariot de traction).
Si le véhicule doit être remonté en surface puis remorqué, comptez le prix du remorquage classique en plus de la mise en surface. Un devis est fourni avant toute intervention.
Comment éviter la panne en souterrain
Quelques situations qu'on voit revenir régulièrement et qui sont évitables :
- Batterie fatiguée + parking froid : une batterie de plus de 4 ans supporte mal les nuits en sous-sol l'hiver. Si votre voiture a du mal à démarrer le matin, faites tester la batterie avant qu'elle lâche définitivement au -2.
- Feux ou accessoires laissés allumés : les véhicules récents coupent automatiquement les feux, mais les plus anciens non. Vérifiez avant de fermer la porte.
- Niveau de carburant très bas : ça parait bête, mais on intervient plusieurs fois par mois pour des pannes sèches en parking. Le jauge indiquait "50 km d'autonomie", sauf qu'en montant les rampes en spirale, la jauge ne compte pas pareil.